Edvard Munch, Separazione.1896

Donne sole

Tutti questi uomini che cadono lungo le sponde del fiume
come gocce di neve gonfie di dolore da un cielo
polveroso di anni.
Stretti al muro con gli occhi sbarrati
dietro una benda cadono ciechi come eroi fucilati
in tempo di guerra. Sono
piccoli uomini che hanno vissuto la loro storia
leggendo il giornale, urlando allo stadio, osservando
Amleto e i suoi dubbi
curvi sui loro giardini invasi dai merli.
Rimangono donne che camminano lungo le sponde
solitarie del fiume. Portavano un tempo
il profumo dei sogni. Ora una sottile linea di fumo
sale dalle acque e brucia nei cuori un minuscolo
granello d’incenso. Lungo le sponde la luce
ha il chiarore dei tramonti invernali.

 

Femmes seules

Tous ces hommes qui tombent le long des bords du fleuve
comme des gouttes de neige gonflées par la douleur d’un ciel
poudreux des années.
Serré au mur et les yeux écarquillés
derrière un bandeau, ils tombent aveugles comme des héros fusillés
en temps de guerre. Ils sont
des petits hommes qui ont vécu leur histoire
en lisant le journal, en criant au stade, en observant
Hamlet et ses doutes
penchés sur leurs jardins envahis par des merles
Il n’est resté que des femmes marchant le long des bords
solitaires des fleuves. Elles portaient un temps
l’odeur des rêves. Maintenant une mince ligne de fumée
monte de l’eau et brûle dans les cœurs un grain d’encens minuscule.
Le long des bords la lumière
a la lueur des couchers de soleil d’hiver.

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