Il Poeta Calzolaio (elaborazione grafica mia)

Il poeta calzolaio

Era sempre per me un paradiso il mio quartiere
dove le strade umide e strette
erano lastricate di pietra nera
dove il sole era un’ombra tra i vecchi palazzi
e sulle soglie dei loro tuguri
le ragazze offrivano a buon mercato
le mele rosse delle loro labbra.
I cacciatori con le mani in tasca
e i fucili puntati nei calzoni
bighellonavano in cerca dell’Eva da mordere
dove si annida il germe della vita.
L’abbandonavano davanti le soglie delle loro case
come buste di plastica colme di mele guaste.
Lungo le strade umide e strette.
quante imprecazioni ho udito
e ceffoni grida e fughe!
A fianco del portone di casa mia c’era la bottega
del giovane calzolaio dai baffi biondi e occhi
come onde del mare tempestoso
di schiuma e verde
che si vedeva in fondo alla strada
oltre i binari della ferrovia.
Il calzolaio amava come me
la poesia e la sua donna
il cuoio le tomaie le scarpe e un cane
grande e bianco che vigilava
come un fantasma dell’Etna.
Le dita del calzolaio erano affusolate
ben curate armoniose
come quelle di un poeta innamorato.
Inchiodavano le parole alle suole
le incollavano alle tomaie ne facevano scarpe
che calzavano come guanti.
Batteva il martello sui chiodi chiamando
la mia suonatrice d’arpa
la donna seduta in silenzio di fronte a lui.
E in sogno le offriva mazzi rossi
dei suoi versi più belli.
Il cane dormiva ai piedi della donna.
I clienti, con le scarpe sotto le ascelle
pagavano allungando i soldi
come per chiedere la carità
dicevano che il cane era di una bella razza
e guardavano con gli occhi del cane
la donna seduta di fronte al poeta.
Io passavo davanti la bottega e vedevo
una fila di scarpe da risuolare
il poeta la donna il cane e qualche puttana
con la bocca insanguinata e sulla punta delle dita
un tacco sottile e lungo come un calice spezzato.
Lui le offriva un paio di scarpe nuove e una rosa.
La donna all’improvviso rideva
mentre i ricordi le bagnavano lentamente le guance.
A tutto questo pensavo uscendo di casa.

È stato un incubo vedere un giorno il suo corpo
riverso in mezzo alla strada.
Il sangue era un mantello su cui poggiava il viso.
Non ce la faceva più a rimanere seduta – diceva il poeta.
È scappata fuori ha attraversato la strada. E accadde.
Accecata da una luce azzurra inseguiva una puttana.
La bottega è rimasta chiusa per anni.
Ho saputo che il cane era morto e il poeta
si era impiccato con una rosa tra le mani
e tra le labbra un fiore di sangue.

Le poète cordonnier

Toujours pour moi mon quartier était un paradis
où les rues humides et étroites
étaient pavées de pierre noire
où le soleil était une ombre parmi les vieux bâtiments
et sur les seuils les filles offraient à moindre coût
les pommes rouges sur leurs lèvres.
Chasseurs avec les mains dans les poches
et les fusils pointés dans leurs pantalons
ils flânaient à la recherche de l’Eve à mordre
où se niche le germe de la vie.
Ils l’abandonnaient avant les seuils de leurs maisons
comme des sacs en plastique remplis de pommes avariées.
Le long des rues humides et étroites
combien d’imprécations j’ai entendu
et gifles cries et fuites !
A côté de la porte de ma maison il y avait le magasin
du jeune cordonnier avec une moustache blonde
et les yeux comme des vagues de la mer orageuse
de mousse et verte
qu’on voyait au fond de la rue
derrière la voie ferrée.
Comme moi, le cordonnier aimait
la poésie et sa femme
le cuir les empeignes les chaussures et un chien
grand et blanc veillant
comme un fantôme de l’Etna.
Les doigts du cordonnier étaient fuselés
très soignés harmonieux
comme ceux d’un poète amoureux.
Il clouait les mots aux semelles
il les collait à les empeignes en faisant des chaussures
qui étaient de bonne coupe.
Il martelait sur les clous appelant
mon joueur de harpe
la femme assise en silence devant lui.
En rêvant, il lui offrait des bouquets rouges
de ses plus beaux vers.
Le chien dormait aux pieds de la femme.
Les clients, avec des chaussures aux aisselles
payaient en allongeant l’argent,
comme on demande la charité et ils disaient que le chien
était d’une belle race
regardant la femme assise in face au poète
avec les yeux du chien.
Je passais devant le magasin et voyais
le poète la femme le chien et des putes
avec une bouche ensanglantés et sur les buts des doigts
un talon mince et long comme un verre brisé.
Il lui offrait une nouvelle paire de chaussures et une rose.
La femme éclatait de rire
tandis que les souvenirs baignaient lentement ses joues.
Je pensai à tout cela en quittant la maison.

C’était un cauchemar voir son corps un jour
couché au milieu de la rue.
Le sang était un manteau sur lequel reposait son visage.
Elle n’en pouvait plus rester immobile – disait le poète.
Elle est sortie en courant et a traversé la rue. Et c’est arrivé.
Aveuglée par une lumière bleue poursuivant une putain.
Le magasin a été fermé depuis des années.
J’ai entendu que le chien était mort et le poète
s’était pendu avec une rose dans ses mains
et entre ses lèvres une fleur de sang.

  1. giuliana scrive:

    Ogni verso è una Poesia.
    Ogni parola è una Poesia.
    Ogni sillaba è una Poesia.

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